Les refuges de pierre Read online




  Jean M. Auel

  Les Enfants de la Terre

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  Les refuges de pierre

  (The Shelters of Stone — 2002)

  Traduction de Alexis Champon

  1

  Rassemblés sur la corniche calcaire, les Zelandonii les regardaient approcher. Personne ne leur adressait de geste de bienvenue, et certains, sans être vraiment menaçants, tenaient leur lance prête. La jeune femme pouvait presque sentir leur peur, cette réticence à les accueillir qu’elle avait remarquée chez d’autres peuples rencontrés pendant leur Voyage. Du bas du sentier, elle en vit d’autres accourir sur la corniche. Ce n’est pas particulier à ce peuple, c’est toujours comme cela au début, pensa-t-elle, un peu mal à l’aise cependant, car ils étaient beaucoup plus nombreux qu’elle ne s’y attendait.

  L’homme de haute taille descendit du jeune étalon. Bien qu’il ne fût, lui, ni réticent ni mal à l’aise, il hésita un moment, la bride de son cheval à la main, puis se retourna et découvrit qu’elle restait en arrière.

  — Ayla, tu veux bien tenir Rapide ? Il a l’air nerveux, dit-il en levant les yeux vers l’abri. Eux aussi, j’ai l’impression.

  Elle hocha la tête, se laissa glisser du dos de la jument et prit la corde. Outre l’agitation que suscitait en lui la présence de tous ces inconnus, le jeune cheval brun profond était encore troublé par sa mère. Elle n’était plus en chaleur mais l’odeur de sa rencontre avec l’étalon du troupeau flottait encore autour d’elle. Ayla tint Rapide près d’elle, laissa la jument louvette avancer et resta entre les deux animaux. Whinney était maintenant habituée à rencontrer des humains et ne montrait d’habitude aucune nervosité, mais elle semblait inquiète, elle aussi. La foule qui se pressait sur la corniche aurait inquiété n’importe qui.

  Quand le loup apparut, Ayla entendit des cris d’épouvante s’élever du groupe massé devant la caverne... si on pouvait parler de caverne. Jamais elle n’en avait vu de pareille. Loup se pressa contre sa jambe et tendit le cou, méfiant et protecteur. Elle sentait les vibrations de ses grognements, pourtant discrets. Il se défiait davantage des êtres humains que lorsqu’ils avaient entamé leur long Voyage, un an plus tôt, mais il n’était alors qu’un louveteau, et depuis l’épisode des Femmes-Louves chasseuses de chevaux, il adoptait envers Ayla une attitude plus protectrice.

  En gravissant la pente vers le groupe qui s’agitait, l’homme semblait dépourvu de crainte mais Ayla se félicitait de rester derrière et de pouvoir observer ces gens avant de les rencontrer. Elle attendait – elle redoutait – ce moment depuis plus d’un an car les premières impressions comptaient beaucoup... de part et d’autre.

  Une femme jaillit du groupe, qui demeura figé, et se précipita vers l’homme. Jondalar reconnut aussitôt sa sœur, même si la petite fille s’était épanouie en une jolie jeune femme pendant ses cinq ans d’absence.

  — Jondalar ! Je savais que c’était toi ! Tu es enfin de retour ! s’écria-t-elle en se jetant dans ses bras. Il la serra contre lui puis la souleva et la fit tourner.

  — Folara, je suis si heureux de te revoir ! Il la reposa, la tint à bout de bras.

  — Comme tu as grandi ! Tu n’étais qu’une gamine quand je suis parti, tu es devenue une belle femme, ajouta-t-il avec dans l’œil une lueur un peu plus que fraternelle.

  Elle lui sourit, plongea le regard dans ses yeux d’un bleu incroyablement éclatant et fut captivée par leur magnétisme. Elle se sentit rougir, non sous le compliment, mais à cause de l’attirance qu’elle éprouvait pour cet homme – frère ou non – qu’elle n’avait pas vu depuis tant d’années. Folara avait entendu parler de ce grand frère aux yeux extraordinaires, capable de charmer n’importe quelle femme, mais elle n’avait gardé que le souvenir d’un compagnon attentionné, toujours prêt à partager les jeux ou les activités qu’elle lui proposait. C’était la première fois que, jeune femme, elle était exposée aux effets du charme de Jondalar. Remarquant sa réaction, il sourit de son trouble.

  Elle se détourna, porta les yeux vers le bas du sentier, près de la petite rivière.

  — Qui est cette femme, Jondé ? demanda-t-elle. Et d’où viennent ces animaux ? Les animaux fuient les hommes, pourquoi ceux-là ne la fuient-ils pas ? C’est une Zelandonii ? Elle les a invoqués ? (Elle fronça les sourcils.) Et où est Thonolan ?

  Elle retint sa respiration en voyant l’expression de douleur qui assombrissait les traits de son frère.

  — Thonolan voyage maintenant dans le Monde d’Après. Et sans cette femme, je ne serais pas ici.

  — Oh ! Jondé ! Qu’est-il arrivé ?

  — C’est une longue histoire et ce n’est pas le moment de la raconter, répondit-il.

  Il n’avait pu retenir un sourire en l’entendant l’appeler Jondé : c’était le diminutif qu’elle lui avait donné.

  — Je n’avais pas entendu ce nom depuis mon départ, reprit-il. Maintenant je sais que je suis rentré. Comment vont les autres ? Mère ? Willamar ?

  — Ils vont bien tous les deux. Mère nous a fait peur il y a deux ans mais Zelandoni a fait appel à sa magie, et elle est en bonne santé, maintenant. Viens voir par toi-même, conclut Folara en prenant son frère par la main pour l’inviter à gravir le reste de la pente.

  Jondalar se retourna et fit signe à Ayla qu’il reviendrait bientôt. Il n’aimait pas la laisser seule avec les bêtes mais il fallait qu’il voie sa mère, il fallait qu’il voie par lui-même qu’elle allait bien. Cette « peur » dont lui avait parlé Folara le préoccupait, et il fallait en outre qu’il parle des animaux. Ayla et lui avaient fini par se rendre compte que, pour la plupart des hommes, des animaux qui ne les fuyaient pas représentaient un phénomène à la fois étrange et effrayant.

  Les humains connaissaient les animaux. Tous ceux qu’Ayla et lui avaient rencontrés pendant leur Voyage les chassaient ; la plupart les honoraient, rendaient hommage à leurs esprits d’une manière ou d’une autre. Aussi loin que remontait leur mémoire, ils avaient observé les animaux avec soin. Ils connaissaient les territoires qu’ils affectionnaient, les nourritures qu’ils aimaient, leurs migrations saisonnières, leur période de reproduction et leur saison de rut. Mais nul n’avait jamais essayé de toucher d’une manière amicale un animal vivant. Nul n’avait jamais essayé d’attacher une corde au cou d’une bête pour la mener. Nul n’avait jamais essayé d’apprivoiser un animal, ni même imaginé que ce fût possible.

  Aussi contents fussent-ils de voir un parent – particulièrement un parent que peu d’entre eux espéraient revoir un jour – rentrer d’un long Voyage, ces animaux apprivoisés constituaient pour eux un spectacle si insolite que leur première réaction était la peur. C’était étrange, inexplicable, cela dépassait leur expérience ou leur imagination, cela ne pouvait être naturel. Cela venait forcément d’un autre monde. La seule chose qui empêchait bon nombre d’entre eux de s’enfuir ou de tenter de tuer ces bêtes terrifiantes, c’était le fait que Jondalar, qu’ils connaissaient tous, était arrivé avec elles, et qu’il montait maintenant le sentier depuis la Rivière des Bois, avec sa sœur, l’air serein sous la lumière vive du soleil.

  Folara avait fait preuve de courage en se précipitant vers lui, mais elle était jeune, elle avait l’intrépidité de la jeunesse. Et elle était si heureuse de retrouver son frère – qui avait toujours été son préféré – qu’elle n’avait pu attendre. Jondalar ne lui ferait jamais aucun mal, et lui-même n’avait pas peur de ces animaux.

  Du bas du sentier, Ayla regarda hommes et femmes l’entourer, lui souhaiter la bienvenue par des sourires, des embrassades, des tapes dans le dos, des serrements des deux mains, et un déluge de mots. Elle remarqua particulièrement une très grosse femme, un homme aux cheveux bruns que Jondalar pressa contre lui, ainsi qu
’une femme d’âge mûr qu’il embrassa avec chaleur et dont il entoura les épaules de son bras. Sans doute sa mère, se dit Ayla, qui se demanda ce que cette femme penserait d’elle.

  Ces gens étaient sa famille, ses parents, ses amis, ceux avec qui il avait grandi. Elle, elle n’était qu’une inconnue, une étrangère inquiétante qui amenait d’étranges animaux, qui apportait des coutumes étrangères menaçantes et des idées scandaleuses. Pourquoi l’accepteraient-ils ? Et que se passerait-il s’ils la rejetaient ? Elle ne pouvait retourner chez elle, son peuple vivait à plus d’une année de marche vers l’est. Jondalar avait promis qu’il l’accompagnerait si elle voulait repartir ou si elle y était contrainte, mais c’était avant qu’il retrouve les siens, avant qu’il soit accueilli aussi chaleureusement. Qu’allait-il décider maintenant ?

  Sentant quelque chose la pousser derrière elle, elle tendit la main pour caresser l’encolure musclée de Whinney, reconnaissante à la jument de lui rappeler qu’elle n’était pas seule. Whinney avait longtemps été son unique amie lorsqu’elle vivait dans la vallée, après avoir quitté le Clan. Ayla n’avait pas remarqué que la bride s’était détendue quand Whinney s’était rapprochée, et elle laissa Rapide prendre un peu plus d’avance. D’ordinaire, la jument et son poulain trouvaient un réconfort mutuel dans la présence l’un de l’autre, mais les chaleurs de Whinney avaient perturbé leurs habitudes.

  D’autres Zelandonii – comment pouvaient-ils être si nombreux ? – regardèrent dans sa direction. Jondalar parla avec animation à l’homme aux cheveux bruns puis adressa un signe à Ayla et sourit. Il descendit le sentier, suivi de la jeune fille, de l’homme aux cheveux bruns et de quelques autres. Ayla prit une longue inspiration et attendit.

  A leur approche, le loup gronda plus fort et elle se pencha pour le maintenir contre elle. « Tout va bien, Loup. Ce ne sont que les parents de Jondalar », murmura-t-elle. La pression apaisante de la main d’Ayla signifiait qu’il devait cesser de se montrer menaçant. Elle avait eu du mal à lui apprendre ce signe, mais cela en valait la peine, surtout maintenant. Elle regrettait de ne pas connaître une pression de la main qui la calmerait, elle.

  Les membres du groupe qui accompagnait Jondalar s’arrêtèrent à quelque distance, s’efforcèrent de ne pas montrer leur agitation, de ne pas regarder les animaux qui les fixaient ouvertement et de conserver leur sang-froid même quand ces étranges créatures s’approchèrent d’eux.

  — Je pense qu’il faudrait commencer par les présentations rituelles, Joharran, dit Jondalar en se tournant vers l’homme brun.

  Comme Ayla lâchait les brides pour se préparer à une présentation rituelle, qui exigeait un contact des deux mains, les chevaux reculèrent mais le loup demeura près d’elle. Elle décela une lueur d’appréhension dans le regard de l’homme brun, dont elle devinait pourtant qu’il ne devait pas avoir peur de grand-chose, et jeta un coup d’œil à Jondalar en se demandant s’il avait une bonne raison de vouloir procéder tout de suite aux présentations. Elle examina l’inconnu avec attention et se rappela soudain Brun, le chef du Clan où elle avait grandi. Puissant, orgueilleux, intelligent, habile, lui non plus ne craignait pas grand-chose, sauf le Monde des Esprits.

  — Ayla, voici Joharran, Homme Qui Ordonne de la Neuvième Caverne des Zelandonii, fils de Marthona, ancienne Femme Qui Ordonne de la Neuvième Caverne, né au foyer de Joconan, ancien Homme Qui Ordonne de la Neuvième Caverne, récita l’homme blond avec sérieux. Sans oublier frère de Jondalar, Voyageur des Terres Lointaines, ajouta-t-il d’un ton enjoué.

  Sa plaisanterie détendit l’atmosphère, suscita quelques brefs sourires. En principe, pour une présentation rituelle, il fallait énumérer tous les noms et liens d’une personne pour établir clairement son rang – toutes les façons de la désigner, tous ses titres et exploits, tous ses parents et relations, en mentionnant leurs titres et exploits – et certains le faisaient. Mais en pratique, hormis dans les grandes cérémonies, on ne citait que les plus importants. Il n’était pas rare, toutefois, que des jeunes gens, en particulier des frères, se permettent des ajouts facétieux à la longue et parfois ennuyeuse récitation des liens de parenté, et Jondalar rappelait ainsi à son frère les années passées, avant qu’il ne porte les lourdes responsabilités de chef.

  — Joharran, voici Ayla des Mamutoï, membre du Camp du Lion, Fille du Foyer du Mammouth, Choisie par l’Esprit du Lion des Cavernes, et Protégée de l’Ours des Cavernes.

  L’homme aux cheveux bruns franchit la distance qui le séparait de la jeune femme, tendit les deux mains, la paume tournée vers le haut, en signe de bienvenue et d’amitié. Il ne connaissait aucun des liens évoqués et ne savait pas lequel était le plus important.

  — Au nom de Doni, la Grande Terre Mère, je te souhaite la bienvenue, Ayla des Mamutoï, Fille du Foyer du Mammouth, déclara-t-il.

  Ayla lui prit les deux mains et répondit :

  — Au nom de Mut, Grande Mère de Tous, je te salue, Joharran, Homme Qui Ordonne de la Neuvième Caverne des Zelandonii. Et frère du voyageur Jondalar, ajouta-t-elle en souriant.

  Joharran s’aperçut d’abord qu’elle parlait bien sa langue, quoique avec un accent curieux, puis il remarqua ses vêtements et son allure étranges, mais il lui rendit son sourire, en partie parce qu’elle avait montré qu’elle avait compris la plaisanterie de Jondalar – et qu’elle avait fait savoir à Joharran que son frère comptait beaucoup pour elle – mais surtout parce qu’il n’avait pu résister à son sourire.

  Ayla était une femme attirante à tous points de vue : élancée, elle avait un corps ferme et bien fait, une longue chevelure blonde légèrement ondulée, des yeux bleu-gris clairs, et des traits fins, bien qu’un peu différents de ceux des femmes zelandonii. Elle rayonnait d’une telle beauté que Joharran retint sa respiration. Jondalar avait toujours admiré le sourire d’Ayla, et il constata avec grand plaisir que son frère n’y était pas insensible.

  Joharran vit alors l’étalon trotter nerveusement vers son frère et lança un regard vers le loup.

  — Jondalar me dit qu’il faut trouver un... euh, un endroit pour ces bêtes... A proximité, sans doute.

  Pas trop près, pensa-t-il.

  — Les chevaux ont juste besoin d’un terrain herbeux près d’un point d’eau, répondit Ayla. Mais il faudra demander aux autres de ne pas trop s’approcher d’eux au début si Jondalar ou moi ne sommes pas avec eux. Whinney et Rapide sont troublés par les inconnus jusqu’à ce qu’ils s’habituent à eux.

  — Très bien, répondit Joharran. Ils peuvent rester ici, si cette petite vallée leur convient.

  — Ce sera parfait, dit Jondalar. Mais nous les emmènerons peut-être en amont, un peu à l’écart.

  — Loup a l’habitude de dormir à mes côtés, reprit Ayla. Il est très protecteur envers moi et risque de se manifester si on nous sépare.

  Joharran plissa le front, ce qui accentua sa ressemblance avec Jondalar et fit sourire Ayla. Toutefois, Joharran semblait sérieusement inquiet : ce n’était pas le moment de sourire.

  Jondalar avait lui aussi remarqué l’air soucieux de son frère.

  — Ce serait le bon moment pour présenter Joharran à Loup, suggéra-t-il.

  Une lueur proche de la panique s’alluma dans les yeux de l’homme brun mais, avant qu’il pût protester, Ayla lui prit la main. Se penchant vers Loup, elle passa un bras autour du cou de l’animal pour faire taire un grognement naissant : si elle-même percevait la peur de Joharran, cette crainte n’avait pu échapper au loup.

  — Laisse-le d’abord renifler ta main, dit-elle. C’est sa façon de procéder aux présentations rituelles.

  L’expérience avait appris à l’animal qu’il était important pour Ayla qu’il accepte dans sa meute d’humains ceux qu’elle lui présentait de cette façon. Bien que l’odeur de peur lui déplût, il flaira la main de l’homme pour se familiariser avec lui.

  — As-tu déjà touché la fourrure d’un loup vivant ? demanda Ayla en levant les yeux vers Joharran. Tu remarqueras qu’elle est grossière,
dit-elle en enfonçant les doigts du frère de Jondalar dans les poils emmêlés du cou. Il est encore en train de faire sa mue, et cela le démange. Il adore qu’on le gratte derrière les oreilles, continua-t-elle en lui montrant comment faire.

  Joharran sentit le pelage mais plus encore la chaleur de l’animal et se rappela tout à coup que c’était un loup vivant. Et pourtant, cet animal se laissait volontiers toucher.

  Ayla observa que la main de Joharran n’était pas trop raide et qu’il essayait vraiment de gratter Loup à l’endroit indiqué.

  — Fais-lui de nouveau renifler ta main.

  Joharran approcha la main du museau, puis écarquilla soudain les yeux.

  — Ce loup m’a léché ! s’exclama-t-il sans trop savoir si cela présageait le meilleur... ou le pire.

  Il vit alors le carnassier donner de petits coups de langue sur le visage d’Ayla, qui semblait ravie.

  — Oui, c’est très bien, Loup, le complimenta-t-elle en lui ébouriffant les poils.

  Elle se releva, se tapota les épaules. L’animal bondit, posa ses pattes aux endroits indiqués et, quand Ayla renversa la tête en arrière, il lui lécha le cou puis lui enserra le menton dans sa gueule avec un grognement, et cependant une grande douceur.

  Jondalar remarqua l’expression sidérée de son frère et des autres, se rendit compte de ce que cette démonstration d’amour animal pouvait avoir d’effrayant pour ceux qui ne comprenaient pas. Joharran le regardait, à la fois inquiet et stupéfait.

  — Qu’est-ce qu’il lui fait ?

  — Tu es sûr qu’elle ne risque rien ? demanda Folara presque en même temps.

  — Ayla ne risque rien, répondit Jondalar. Il l’aime, il ne lui fera jamais aucun mal. C’est la façon dont les loups montrent leur affection. Il m’a fallu un moment pour m’y habituer, et je connais Loup depuis aussi longtemps qu’elle... depuis l’époque où c’était un louveteau turbulent.